La balle doit toucher trois côtés du billard, qui est sans poches, avant de toucher les deux autres billes. Certaines phases de jeu relèvent parfois du mystère.
Il ne laisse transparaître aucun signe de nervosité. Guillaume Loiseau est de nature calme. On a beau être à deux heures, ce vendredi après-midi, de son premier match dans cette finale de championnat de France de billard, le Douaisien affiche un flegme qu'on serait tenté d'estampiller so british s'il s'agissait de billard anglais. ...
Sauf que c'est en billard français que Guillaume excelle.
Du billard carambole, à trois bandes, pour être précis. « Le principe, c'est de toucher trois bandes au minimum avant d'aller toucher la dernière bille », chuchote le Douaisien, en regardant les joueurs déjà en compétition.
Beaucoup plus compliqué que le billard anglais, et moins répandu. Mais pas moins spectaculaire : concentration, tactique, calcul et anticipation sont nécessaires à chaque coup, pour marquer le point. De la maîtrise de soi aussi, et une bonne condition physique, insiste Guillaume : « Contrairement aux idées reçues, le billard est un sport. Après un match, on est cassé, on a mal au dos, aux bras... » Un sport qui exige, comme les autres, de s'entraîner, de longues heures, pour finaliser sa technique. « Pour ce championnat, je me prépare depuis janvier, à raison de 25 heures par semaine », confie le joueur. Ça prend du temps, de briguer le titre de champion de France. Mais quand on parle de passion...
Un premier titre à 20 ans
« Gamin, j'étais attiré par le billard, explique le trentenaire.
Quand je sortais au café avec mes parents, je voulais jouer mais on ne me laissait pas faire parce que j'étais trop petit.
» C'est finalement avec un copain d'école que Guillaume découvre la discipline. « Je jouais en dilettante », jusqu'en 1994, année où il franchit les portes de l'Amicale billard club douaisien. « En réalité, j'ai commencé à jouer avec l'école municipale des sports de Douai », précise celui qui s'entraîne encore souvent avec... Jacky Lasvaux.
Seize années de billard français et plusieurs titres de champion de district - le premier obtenu à 20 ans, et dans deux catégories - et de champion du Nord plus tard, Guillaume est parvenu au plus haut niveau, le billard 3,10 m, celui des compétitions internationales.
Pas de quoi prendre la grosse tête. « À ce niveau, on joue contre soi. Il peut y avoir des retournements de partie, des points volés », confie le joueur. Sacrée ou maudite chance, qui peut débarquer sans prévenir sur le tapis. Et puis, surtout, l'adversaire peut être coriace. Pour son premier match, Guillaume n'a pas souhaité connaître celui qu'il devait affronter. « Pour ne pas trop y penser. L'aspect psychologique est important. Il faut que ce soit la surprise devant le billard », justifie-t-il. S'isoler et faire le vide avant de taper les bandes : un rituel pour Guillaume, pour gérer le stress de la rencontre, avec un objectif : être qualifié pour les quarts de finale, demain soir . « Passer les poules, c'est le plus difficile. Sur une partie, il peut se passer tellement de choses.
Après, ce sera un match à la fois. » •
NATHALIE LABREIGNE
Actualité Douai
Championnat de France : pari réussi pour l'amicale du Billard-club douaisien
mercredi 16.06.2010, 05:05 - La Voix du Nord
| COMPÉTITION |
Le podium de gauche à droite: Éric Masson et Louis Daydé (3e ex-aequo), Thierry Delahaye , 1er, et Bernard Guy, 2e .
Dimanche, la finale du championnat de France de billard trois bandes entre les deux meilleurs joueurs ...
a tourné à l'avantage de Thierry Delahaye (de Gradignan) qui l'emporte par 25 à 15, contre un Bernard Guy (de Nogent-sur-Seine) qui avait pourtant mené la partie au tout début du jeu. Mais Thierry Delahaye n'a commis aucune erreur, et s'est finalement imposé.

Sur le pied de guerre durant ces trois jours de compétition, le président du Billard-club douaisien, Daniel Griffon, affichait un visage satisfait lors de la remise des coupes. « Ouf ! Le plus dur est passé, et ça s'est bien déroulé. Les parties étaient de bon niveau, avec un public bien présent qui s'est déplacé en nombre dès le premier jour. Pour nous, c'est une réussite », confiait le président, avant de prendre la parole pour remercier chaleureusement la municipalité pour son soutien, les bénévoles, les arbitres, les marqueurs... Sans oublier les deux champions qui ont offert une finale au suspense haletant !
Seule ombre au tableau, l'élimination du Douaisien Guillaume Loiseau, qui termine à la onzième place du championnat.
Consolation
« C'est vrai que je suis déçu, confiait l'intéressé dimanche soir. Mais ce qui me console c'est que je me suis fait sortir par le nouveau champion de France ». Alors oui, vu sous cet angle, le parcours du Douaisien n'est pas si mal que cela. •